Glory3 : pictures and scenes
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Glory3 : pictures and scenes
54h Massachusetts assault on Fort Wagner July 18, 1863 :
Charging Fort Wagner :
Charging Fort Wagner :
Rudi1960- Messages : 645
Date d'inscription : 05/10/2016
Age : 64
Localisation : Sainte-Marie-du-Mont
Re: Glory3 : pictures and scenes
Sur la première vidéo on voit les confédérés riposter contre la charge avec de l'artillerie. Pour simuler les arrivées, les responsables des effets spéciaux ont choisi la solution la plus simple, à savoir disposer des charges orientées d'aluminothermie qui imitent l'explosion des obus qui arrivent au sol avec des fusées percutantes. C'est très souvent ce qui se passe dans les films.
Or ce n'est pas ainsi que travaillaient les pièces d'artillerie de cette époque (1863). À cette époque-là, les canons envoyaient en tir direct - on vise directement l'ennemi avec la ligne de mire du canon - des obus ou des boîtes à mitraille. Ces dernières étaient des sacoches de toile contenant de grosses balles sphériques et ces sacoches s'ouvraient pendant le vol de la charge. Quatre à six kilos de plomb volaient en se dispersant vers les troupes en train de charger et jouaient le rôle avant l'heure des rafales de mitrailleuses.
Les boulets, eux, pouvaient frapper en plein vol les assaillants et en démembraient plusieurs à la fois. Ils étaient d'autant plus efficaces dans cette configuration qu'avec la fiabilité des fusils de l'époque qui n'explosaient plus au tir, les fantassins montaient à l’assaut en ordre serré et non plus en ordre dispersé ce qui leur donnait une meilleure efficacité lors de l’engagement à la baïonnette.
L'autre mode d'action du boulet était de tomber au sol où il rebondissait en fauchant les assaillants comme le fait une boule sur des quilles. Les obus, que l'on appelait alors "boulets explosifs", sont restés expérimentaux jusqu'au moment où on a mis au point la fusée qui est le dispositif de mise de feu de la charge militaire d'un obus.
Jusqu'alors, pour envoyer un boulet explosif, il fallait que cette bombe contenant une nombre respectable de kilos de poudre à canon fût équipée d'une mèche lente qu'il fallait allumer avant le tir.
Cela ne se faisait que dans des mortiers dont le tube court permettait à l'artificier du peloton de pièce d'accéder au boute-feu de la mèche. Aussitôt la mèche allumée, le tireur déclenchait l'étoupille qui faisait déflagrer la charge propulsive. Le boulet explosif partait en tir dit "vertical", c'est à dire avec un angle de tir supérieur à 45° (800 millièmes*), il suivait un vol courbe et retombait au sol dans lequel il s'enfonçait plus ou moins. Lorsque la mèche arrivait à son bout, elle allumait la charge militaire dont la déflagration brisait la coque du boulet explosif, envoyant des morceaux de métal jusqu'à plusieurs dizaines de mètres.
L’inconvénient du système, c'est que parfois le boulet explosait trop tôt, en l'air, et ne servait pas à grand chose. Ou alors il explosait trop tard et il n'y avait plus personne comme cible de ses éclats. C'est pourquoi ce type de munition était réservé aux mortiers lourds de siège qui battaient l'intérieur des places fortes, immobiles par définition, pour causer des pertes à des défenseurs enfermés dans des cours ou sur des remparts de forts.
L'artillerie française était à l'époque la plus avancée techniquement du monde suivie de près par celle de la Prusse. Les premières fusées d'obus apparaissent sur le champ de bataille lors de la bataille de Sedan en 1870. C'est un fiasco en raison du manque de régularité du système de tempage à mèche déclenché au moment du départ du coup par un boute-feu à inertie lequel allumait la mèche lente de la fusée.
Mais les bureaux d'études français et allemands se mettent à travailler d'arrache-pied sur ce système prometteur qu'est la fusée d'artillerie et tout est prêt pour "Mon colon, de tout' les guerres cell' que j'préfère, c'est la guerre de 14-18".
Cette grande manœuvre internationale qui se déroule en Europe voit la révolution dans le tir des artilleries des divers pays qui jouent ensemble ce match lequel commence comme la dernière guerre napoléonienne et finit comme la promesse lumineuse de celle qui réunira à nouveau les chasseurs d'hommes pour la grande olympiade générale de 1939-45.
Le tir direct devient anecdotique. L'artillerie tire désormais avec une grande précision, à poudre sans fumée, des obus à charges militaires non plus en poudre noire mais en explosif et avec des fusées opérationnelles permettant le tir percutant ou, avec des fusées chronométriques, le tir dit "fusant". Les tables de tir généralisées et très complètes permettent de tirer sur un objectif qu'on ne voit pas, en appliquant les ordres de tirs d'observateurs situés avec les troupes appuyées et reliés par le téléphone de campagne au poste de commandement de la batterie de tir. La précision des fusées à temps et celle des tables de tir permettent de choisir le tir "fusant haut" qui bombarde l'adversaire avec les éclats de métal de la coque pré-fragmentée de l'obus ou bien le tir "fusant bas" qui permet de faire exploser l'obus pratiquement à hauteur d'homme.
On entre enfin dans cette évolution civilisatrice qui permet de s'entr'assassiner sans se voir le blanc des yeux mais toujours avec une efficacité qui dépasse même celle des "boys" gris et/ou bleus de la grande kermesse que fut cette guerre civile qui fait le centre d'intérêt historique de bien des membres de notre forum.
Autant dire que l'artillerie de la guerre de sécession est encore un jeu de quille sur cible mobiles. Cette pratique souffre d'un travers, elle n'est efficace que sur un sol dur ou à peine gras et dans ce dernier cas à courte distance parce qu'il faut que la trajectoire du boulet au moment de l'impact sur un sol moins dur soit tangente à la surface su sol. Si l'obus arrive sur un sol trop mou, ou pas assez tangentiellement, il s'enfonce dans la terre où il reste englué, prêt à escagasser des générations de laboureurs à venir.
C'est une des causes de l'échec de l'artillerie de Napoléon 1er lors de la bataille de Mont-Saint-Jean (Waterloo pour les anglomanes) car le sol était détrempé et les boulets se sont enfoncés dans un sol trop mou, même pour la cavalerie qui n'a jamais pu charger au galop. Pendant ce temps, les Anglois - Messire, les Anglois ! - qui tenaient la colline opposée à celle où le Napo avait installé son poste de commandement avaient beau jeu de tirer au fusil et à boîte à mitraille sur des fantassins français enfoncés jusqu'aux genoux dans la glèbe détrempée de ce mois de juin bien "belgicain".
Donc il est aussi idiot de voir dans des films des boulets d'artillerie de campagne exploser en arrivant au sol pendant la Guerre Civile que d'y trouver des Winchesters, des conversions ou des Colt 1873 aux mains des acteurs.
* Le millième est l'unité d'angle utilisée en artillerie. Elle correspond à l'angle sous lequel on voit un objet d'un mètre de hauteur ou de largeur à 1 kilomètre. En somme à peu près un millième de radian. Un degré équivaut à 17,77777... millièmes d'artillerie. L'intérêt de cette unité mise au point en France apparaît lorsqu'un observateur d'artillerie règle par télécommunication le tir d'une batterie située à plusieurs kilomètres de l'objectif (la cible) et donc hors de sa vue.
Ah ! Ça défoule, une petite péroraison tôt le matin !
Or ce n'est pas ainsi que travaillaient les pièces d'artillerie de cette époque (1863). À cette époque-là, les canons envoyaient en tir direct - on vise directement l'ennemi avec la ligne de mire du canon - des obus ou des boîtes à mitraille. Ces dernières étaient des sacoches de toile contenant de grosses balles sphériques et ces sacoches s'ouvraient pendant le vol de la charge. Quatre à six kilos de plomb volaient en se dispersant vers les troupes en train de charger et jouaient le rôle avant l'heure des rafales de mitrailleuses.
Les boulets, eux, pouvaient frapper en plein vol les assaillants et en démembraient plusieurs à la fois. Ils étaient d'autant plus efficaces dans cette configuration qu'avec la fiabilité des fusils de l'époque qui n'explosaient plus au tir, les fantassins montaient à l’assaut en ordre serré et non plus en ordre dispersé ce qui leur donnait une meilleure efficacité lors de l’engagement à la baïonnette.
L'autre mode d'action du boulet était de tomber au sol où il rebondissait en fauchant les assaillants comme le fait une boule sur des quilles. Les obus, que l'on appelait alors "boulets explosifs", sont restés expérimentaux jusqu'au moment où on a mis au point la fusée qui est le dispositif de mise de feu de la charge militaire d'un obus.
Jusqu'alors, pour envoyer un boulet explosif, il fallait que cette bombe contenant une nombre respectable de kilos de poudre à canon fût équipée d'une mèche lente qu'il fallait allumer avant le tir.
Cela ne se faisait que dans des mortiers dont le tube court permettait à l'artificier du peloton de pièce d'accéder au boute-feu de la mèche. Aussitôt la mèche allumée, le tireur déclenchait l'étoupille qui faisait déflagrer la charge propulsive. Le boulet explosif partait en tir dit "vertical", c'est à dire avec un angle de tir supérieur à 45° (800 millièmes*), il suivait un vol courbe et retombait au sol dans lequel il s'enfonçait plus ou moins. Lorsque la mèche arrivait à son bout, elle allumait la charge militaire dont la déflagration brisait la coque du boulet explosif, envoyant des morceaux de métal jusqu'à plusieurs dizaines de mètres.
L’inconvénient du système, c'est que parfois le boulet explosait trop tôt, en l'air, et ne servait pas à grand chose. Ou alors il explosait trop tard et il n'y avait plus personne comme cible de ses éclats. C'est pourquoi ce type de munition était réservé aux mortiers lourds de siège qui battaient l'intérieur des places fortes, immobiles par définition, pour causer des pertes à des défenseurs enfermés dans des cours ou sur des remparts de forts.
L'artillerie française était à l'époque la plus avancée techniquement du monde suivie de près par celle de la Prusse. Les premières fusées d'obus apparaissent sur le champ de bataille lors de la bataille de Sedan en 1870. C'est un fiasco en raison du manque de régularité du système de tempage à mèche déclenché au moment du départ du coup par un boute-feu à inertie lequel allumait la mèche lente de la fusée.
Mais les bureaux d'études français et allemands se mettent à travailler d'arrache-pied sur ce système prometteur qu'est la fusée d'artillerie et tout est prêt pour "Mon colon, de tout' les guerres cell' que j'préfère, c'est la guerre de 14-18".
Cette grande manœuvre internationale qui se déroule en Europe voit la révolution dans le tir des artilleries des divers pays qui jouent ensemble ce match lequel commence comme la dernière guerre napoléonienne et finit comme la promesse lumineuse de celle qui réunira à nouveau les chasseurs d'hommes pour la grande olympiade générale de 1939-45.
Le tir direct devient anecdotique. L'artillerie tire désormais avec une grande précision, à poudre sans fumée, des obus à charges militaires non plus en poudre noire mais en explosif et avec des fusées opérationnelles permettant le tir percutant ou, avec des fusées chronométriques, le tir dit "fusant". Les tables de tir généralisées et très complètes permettent de tirer sur un objectif qu'on ne voit pas, en appliquant les ordres de tirs d'observateurs situés avec les troupes appuyées et reliés par le téléphone de campagne au poste de commandement de la batterie de tir. La précision des fusées à temps et celle des tables de tir permettent de choisir le tir "fusant haut" qui bombarde l'adversaire avec les éclats de métal de la coque pré-fragmentée de l'obus ou bien le tir "fusant bas" qui permet de faire exploser l'obus pratiquement à hauteur d'homme.
On entre enfin dans cette évolution civilisatrice qui permet de s'entr'assassiner sans se voir le blanc des yeux mais toujours avec une efficacité qui dépasse même celle des "boys" gris et/ou bleus de la grande kermesse que fut cette guerre civile qui fait le centre d'intérêt historique de bien des membres de notre forum.
Autant dire que l'artillerie de la guerre de sécession est encore un jeu de quille sur cible mobiles. Cette pratique souffre d'un travers, elle n'est efficace que sur un sol dur ou à peine gras et dans ce dernier cas à courte distance parce qu'il faut que la trajectoire du boulet au moment de l'impact sur un sol moins dur soit tangente à la surface su sol. Si l'obus arrive sur un sol trop mou, ou pas assez tangentiellement, il s'enfonce dans la terre où il reste englué, prêt à escagasser des générations de laboureurs à venir.
C'est une des causes de l'échec de l'artillerie de Napoléon 1er lors de la bataille de Mont-Saint-Jean (Waterloo pour les anglomanes) car le sol était détrempé et les boulets se sont enfoncés dans un sol trop mou, même pour la cavalerie qui n'a jamais pu charger au galop. Pendant ce temps, les Anglois - Messire, les Anglois ! - qui tenaient la colline opposée à celle où le Napo avait installé son poste de commandement avaient beau jeu de tirer au fusil et à boîte à mitraille sur des fantassins français enfoncés jusqu'aux genoux dans la glèbe détrempée de ce mois de juin bien "belgicain".
Donc il est aussi idiot de voir dans des films des boulets d'artillerie de campagne exploser en arrivant au sol pendant la Guerre Civile que d'y trouver des Winchesters, des conversions ou des Colt 1873 aux mains des acteurs.
* Le millième est l'unité d'angle utilisée en artillerie. Elle correspond à l'angle sous lequel on voit un objet d'un mètre de hauteur ou de largeur à 1 kilomètre. En somme à peu près un millième de radian. Un degré équivaut à 17,77777... millièmes d'artillerie. L'intérêt de cette unité mise au point en France apparaît lorsqu'un observateur d'artillerie règle par télécommunication le tir d'une batterie située à plusieurs kilomètres de l'objectif (la cible) et donc hors de sa vue.
Ah ! Ça défoule, une petite péroraison tôt le matin !
Dernière édition par Cobravif le Dim 5 Mar 2017 - 18:38, édité 3 fois (Raison : Correction de coquilles et ajout de texte.)
_________________
Les hommes se répartissent naturellement en trois classes : les orgueilleux, les prétentieux et les autres.
Ne faisant pas partie de leur classe, je n'ai jamais rencontré les autres.
Ne faisant pas partie de leur classe, je n'ai jamais rencontré les autres.
Re : Glory 3 - pictures and scenes
Rudi : Merci pour ces images formidables !
Cobra : Merci pour ces précisions très intéressantes venant de la part
d'un spécialiste éminent !
Cobra : Merci pour ces précisions très intéressantes venant de la part
d'un spécialiste éminent !
Fortyniner- Messages : 2898
Date d'inscription : 11/07/2013
Age : 75
Localisation : Aux confins de la Manche et du Calvados
Re: Glory3 : pictures and scenes
On sent bien la clarté des idées de Cobra vif à 6H15 le Dimanche matin , après reste plus qu'à se préparer pour aller à la messe .
C'est super cobravif je m'y voyait dans la bouillaque à Wat pardon Mont saint jean ...
TEX
C'est super cobravif je m'y voyait dans la bouillaque à Wat pardon Mont saint jean ...
TEX
_________________
L'herbe est toujours plus verte de l'autre coté de la clôture
http://www.armes-ufa.com/
Re: Glory3 : pictures and scenes
merci COBRA VIF je vais gardé ton poste
j en ai pleins les sabots de repete la meme chose que toi sur les films qui ne reflete pas la realitée
et de devoir espliqué pour quoi
j en ai pleins les sabots de repete la meme chose que toi sur les films qui ne reflete pas la realitée
et de devoir espliqué pour quoi
rangers- Messages : 698
Date d'inscription : 06/12/2015
Age : 52
Localisation : west - sud west
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