petit article sur le forcement

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petit article sur le forcement

Message  tortukitu le Ven 24 Fév 2017 - 14:08

La suite de votre feuilleton, le forcement des projectiles Smile

6 – Forcement



Conditions générales auxquelles doit satisfaire le forcement.

Un mode de forcement quel qu’il soit, doit remplir les conditions générales suivantes:

1 – Le forcement doit être assuré, c’est à dire que la balle doit s’imprimer dans les rayures d’une quantité suffisante pour ne pas leur échapper pendant son trajet dans l’âme, et pour prendre le mouvement de rotation qui correspond à son inclinaison.

2 – Il doit être complet, c’est à dire qu’il ne doit rester aucun jour entre la balle et le canon, afin d’éviter les fuites de gaz, ce qui diminue la vitesse initiale et peut faire dévier la balle de sa direction.

3 – Enfin, il doit être régulier, c’est à dire se produite à chaque coup de la même manière, condition essentielle pour la régularité du tir.

Nous allons décrire les divers procédés de forcement qui ont été successivement employés.

Forcement au maillet

Le moyen le plus anciennement employé pour forcer le projectile dans les rayures consistait à faire entrer de force la balle, d’un diamètre un peu plus grand que celui du canon, jusque sur la charge de poudre, au moyen d’une baguette et d’un maillet. Ce procédé adopté en 1793 pour la carabine de Versailles, premier modèle d’armes rayées qui ait été réglementaire en France, et qui fut abandonné en 1805.

Procédé Delvigne


Henri-Gustave Delvigne

Le mode de forcement proposé par M. Delvigne en 1827, consistait à terminer le canon à sa partie postérieure par une chambre, ou partie rétrécie, sur laquelle la balle venait prendre appui.
La balle, d’un diamètre plus petit que celui du canon, était poussée jusqu’à l’entrée de la chambre, et on la forçait à s’épanouir sur le ressaut au moyen de quelques coups de baguette.



Ce procédé donne un forcement irrégulier et déforme la balle : on l’a modifié en interposant, entre la charge et la balle, un sabot de bois muni d’un calepin de serge graissé cloué sur le sabot. Ce nouveau genre de chargement eu le grand mérite de mettre les expérimentateurs sur la bonne voie. L’emploi du calepin graissé remédiait aux inconvénients d’un encrassement prématuré, et la présence du sabot, qui empêchait la balle de s’allonger dans le sens de l’axe du canon et l’obligeait à s’élargir dans le sens perpendiculaire, en déterminant d’une augmentation considérable dans la justesse, mit en relief ce principe remarquable que la théorie explique et que l’expérience confirme, savoir :

L’aplatissement des balles rondes augmente la stabilité de leur axe de rotation et par la suite, la justesse de leur tir.

Ce procédé avait l’inconvénient de ne permettre l’emploi que de faibles charges : on ne pouvait, en aplatissant les balles sphériques, que forcer une très petite quantité de plomb à s’imprimer dans les rayures, et cette quantité de plomb ne présentait pas une résistance suffisante à l’arrachement sous l’action de charges un peu considérables; de plus, ces armes exigeaient des cartouches spéciales de fabrication compliquées.

Armes à tige

Le forcement au moyen d’une tige est dù à M. Thouvenin (Louis-Étienne Thouvenin, désolé, pas de photo publique de ce monsieur !), officier d’artillerie, qui proposa en 1844, de supprimer la chambre et de donner pour point d’appui à la balle, pendant son forcement par la baguette, une tige en acier vissée dans la culasse.



En même temps, M. Minié, officier d’infanterie, proposa de remplacer les balles rondes par des balles de forme conique. Le forcement sur la tige appliqué aux balles oblongues donne un forcement plus complet que le précédent; mais il a encore l’inconvénient de varier d’intensité avec chaque tireur.



On a utilisé ce mode de forcement dans la carabine à tige modèle 1846, qui tirait une balle oblongue à trois cannelures.


Balles expansives

Afin d’éviter les différences de forcement provenant du mode de chargement du tireur, on a imaginé de forcer les projectiles par l’action même des gaz de la poudre, en pratiquant à leur partie postérieure un évidement de forme convenable.
Les gaz de la poudre en entrant dans cet évidement, au moment de l’explosion, forcent, par leur pression, les parois de la balle à s’épanouir et à pénétrer dans les rayures.

On peut se servir, pour provoquer cette expansion, de l’intermédiaire d’un culot tronconique que l’on place à l’entrée de l’évidement.



Si ce culot a une masse moindre que celle de la balle et présente une surface relativement plus grande qu’elle à l’action des gaz de la poudre, il tendra à se mettre en mouvement avant le projectile, pénétrera à son intérieur et le forcera dans les rayures.
Ce procédé a été proposé par M. Minié en 1849. Le poids considérable de la balle (49 grammes) fit ajourner à son adoption.



Claude Étienne Minié


Remarque : les balles minié ont été largement utilisées pendant la guerre de sécession.
Le fusil minié était, à l'époque, une arme d'une puissance terrifiante : Les soldats de l'époque racontaient qu'à 1 km, la balle pouvait pénétrer un soldat et son sac à dos et tuer n'importe qui se tenant derrière lui, tuant même chaque personne jusqu'à 15 m. - wikipedia


On peut, pour provoquer l’expansion des balles, se passer du culot et créer, en employant des évidements pyramidaux des parties faibles qui permettent un forcement suffisant. C’est en travaillant dans cet ordre d’idées que l’on est arrivé, en France, à la balle évidée de la garde (1854) et à la balle d’infanterie modèle 1857, qui pesait 32 grammes et possédait un évidement pyramidal, à base triangulaire. Cette balle, l’œuvre presque exclusive de M. Nessler, a été ensuite remplacée par la balle de 36 grammes modèle 1863, à évidement pyramidal à base quadrangulaire.

Les balles évidées exigeant, en définitive, une assez faible épaisseur autour de l’évidement, sont sujettes à un inconvénient sérieux quand le forcement est trop prononcé. Le frottement qui en résulte peut déterminer l’arrachement des parois de l’évidement ou leur séparation d’avec la partie massive antérieure. Il peut arriver aussi que, par suite du peu d’épaisseur entre la pointe de la balle et la pointe de l’évidement, la balle soit perforée par l’action des gaz.
il est donc important de régler soigneusement pour ces balles la profondeur de l’évidement ainsi que l’épaisseur des parois.
La balle expansive est cependant, pour les armes rayées de gros calibre se chargeant par la bouche, une balle d’excellent usage, se forçant d’une manière énergique et se prêtant aux variations de calibres.

Forcement par inertie


Ce mode de forcement se base sur le raisonnement suivant :
Sous l’action des gaz de la poudre, la balle ne prends pas un mouvement instantané. La partie postérieure reçoit une pression qui ne se transmet à la masse entière qu’au bout d’un temps fini. La balle est donc soumise, à l’origine, à une compression de la partie postérieure sur la partie antérieure, et qui tends à refouler ses molécules et à augmenter son diamètre. Si le vent de l’arme est faible, la balle se force sans qu’il soit nécessaire de l’évider à sa partie postérieure. Ce forcement réussit d’autant mieux que les balles sont plus longues.
Ce mode de forcement peut être facilité par l’emploi de balles dans lesquelles on ménage des rainures de forme tronconique simple ou formées de troncs de cône superposés par leur petite base.
Exemple : La balle Lorentz (Autriche), la balle suisse.


Balle Lorentz

L’expérience a montré que les effets de compression dépendent moins de la forme des projectiles que de leur longueur en calibres. Les cannelures des balles ne sont pas indispensables pour le forcement.
La commission de Vincennes, des ses études pour l’adoption d’une arme de petit calibre, avait songé à utiliser le forcement par affaissement ou par inertie, dans son fusil de 11,5 mm qui se chargeait par la bouche.
Le forcement par affaissement est tellement énergique, qu’elle avait adopté une balle dans laquelle le profilé était creusé sur la hauteur AB, de manière à réduire le diamètre du projectile vers son milieu, son calibre étant déjà inférieur de 1/2 millimètre à celui de l’âme.



En employant le chargement par la culasse, il suffit, pour avoir un bon forcement, de donner à la balle et à la chambre un diamètre un peu plus grand que celui du canon : ordinairement le calibre augmenté du double de la profondeur des rayures.
Si l’on veut éviter la déformation du projectile, on peut lui donner un diamètre moindre que celui de l’âme et engager sa partie inférieure dans un sabot en carton comprimé d’un diamètre plus grand que les rayures; ce sabot entre dans les rayures, est dirigé par elles, et, en comprimant le projectile, le force à prendre le même mouvement de rotation.



Ce mode de forcement est employé pour le fusil à aiguille prussien.



Ce sabot qui complique la cartouche est souvent insuffisant pour assurer un mouvement de rotation régulier à la balle.
Dans le fusil modèle 1866, le forcement est obtenu par la différence de calibre entre le projectile et le canon.
Le projectile a au culot un diamètre de 11.70 mm.



Dans le fusil modèle 1874, le forcement est obtenu également par une très faible différence entre le calibre à la partie antérieure et à la partie postérieure.


Voilà, c'est tout pour aujourd’hui. Le prochain chapitre concernera la forme des balles et les étuis (papier/carton/métal).
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Re: petit article sur le forcement

Message  TRINITA le Ven 24 Fév 2017 - 15:53

Sympa, j'ai un 1871 et je suis aller à l'armurerie ce matin pour essayer de trouver un moule pour des projectiles de .455 à .447 en 390gr mais sans succès pour le moment. Je dois faire des recherches sur internet pour trouver mon bonheur. Peut-être que tu as des infos à ce sujet.
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Re: petit article sur le forcement

Message  tortukitu le Jeu 2 Mar 2017 - 8:27

Salut,

Navré, mais je n'ai pas l'info... En revanche, si tu trouves aux US, j'ai deux BAL là bas, si c'est seulement pour des plombs, je peux te les prêter pour qu'ils te réexpédient le colis.

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Re: petit article sur le forcement

Message  TRINITA le Jeu 2 Mar 2017 - 19:46

Si je trouve mon bonheur tu seras le 1er à le savoir ^^
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Re: petit article sur le forcement

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